L'eau Vive

Compte rendu rédigé par Francette Riou qui se rendait pour la première fois dans l’Ile- novembre 2014.


C’est au mois de novembre, au début de l’été dans l’océan indien, que les membres de l’Association Eau Vive, dont le siège se situe sur notre commune, se sont rendus à Madagascar pour la visite annuelle des sites scolaires où elle intervient.
Pour ceux qui s’y rendaient pour la première fois, ce fut l’occasion de s’interroger sur les particularités de cette île où la France fut présente de 1895 à 1960 et où on peut encore largement se faire comprendre dans notre langue puisque le Français y reste la langue obligatoire aux examens.
Vingt un millions d’habitants sur 587 040 km2, la population est encore à près de 90% rurale, l’espérance de vie est de 60 ans et on peut y rencontrer une vingtaines d’ethnies différentes.
Si autrefois Madagascar était recouverte de forêts de bois précieux ou semi précieux comme l’ébène, le palissandre, l’agriculture qui reste de subsistance provoque peu à peu leur destruction pour la culture du riz et pour la production de charbon de bois.
La production de riz demeure cependant insuffisante et Madagascar doit importer une partie de ses besoins. Sur les marchés dans les villes ou au bord des routes on trouve un assez grand assortiment de légumes, des courgettes, du cresson, de la salade verte, des haricots, des carottes, des pommes de terre, et des fruits : bananes, ananas, pêches, litchis, orange… En viande on trouve surtout du zébu, du poulet et du porc.

Pour se déplacer à Tananarive on peut utiliser le taxi, le bus, le vélo-pousse, pour les longs trajets vers la campagne on emprunte le taxi-brousse. Les routes ne sont pas toujours en très bon état ce qui engendre des trajets longs et pénibles et avec quelques surprises sur l’heure d’arrivée.


Nous nous sommes donc rendus successivement sur les 3 sites où nous intervenons :

Mirana : commune de Soavina, petite école de brousse où quelques 200 enfants sont scolarisés en préscolaire et primaire et où nous aidons 2 institutrices et 1 instituteur. Cette visite fut l’occasion de définir le budget de l’année scolaire en cours et de se pencher sur les problèmes que rencontre l’association locale (FRAM) qui gère l’école, pour faire rentrer l’argent nécessaire à son fonctionnement. Une expérience de production de cacahuètes a été mise en place l’année dernière afin de créer une activité génératrice de revenus, si les résultats de la récolte n’étaient pas complètement à la hauteur de nos espérances nous étions contents de constater qu’un gros effort a été fourni et qu’une prise de conscience de l’intérêt de cette démarche était en train de porter ses fruits.

Anboditavolo : complexe scolaire recevant des enfants depuis le préscolaire jusqu’à la classe de troisième. Nous y étions présents lors de la commémoration du 10Eme anniversaire du centre. Les professeurs, les parents et les élèves étaient tous mobilisés sur cet évènement où les personnalités locales et nationales étaient invitées. Ce fut l’occasion de retracer les différentes étapes de la création du centre et de rappeler les différentes associations qui s’y sont succédées. Actuellement l’Eau Vive y reste la seule association présente. Depuis notre arrivée dans ce centre, des améliorations ont été réalisées quant à la vie quotidienne : création d’un réservoir de récupération de l’eau de pluie, création d’une cantine pour les enfants en période de soudure, pose d’un panneau solaire afin de pouvoir recharger les portables et faire fonctionner les ordinateurs. Bien sûr ici aussi l’Eau vive intervient dans la gestion financière du centre mais s’efforce d’être discrète quant à la gestion administrative afin de laisser les responsables de l’association locale (MIV) prendre eux-mêmes le maximum de décisions.

Ilaka-Est : où nous avons suivi et financé un bâtiment pour des classes d’un lycée géré par l’éducation nationale. La visite de ce bâtiment était l’occasion pour nous de nous rendre compte de la qualité de la construction qui s’est déroulée entre juin et septembre 2014 et de la bonne livraison des tables-bancs et de nous réjouir pour les élèves de l’utilité de cette structure saine et de qualité.

Ces quinze jours se sont passés très vite, les 3 sites étant très distants les uns des autres et nécessitant chaque fois une journée ou plus pour les atteindre. Ce qui permet toutefois de profiter pleinement des paysages, des extraordinaires successions de rizières, de la végétation, des arbres tels que les arbres des voyageurs, des bananiers, des arbres à litchis dont la récolte battait son plein. 
Les rivières y sont nombreuses mais malheureusement la plupart sont polluées et infestées de parasites.
L’érosion des sols est un problème important qui pour l’instant n’est pas vraiment géré par les autorités et chaque période de pluies provoque des effondrements et des glissements de terrains.

Ces dernières années il semblerait que le taux d’enfants en âge scolaire n’étant pas scolarisés ne cesse d’augmenter, de nombreuses ONG ou modestes associations comme l’Eau Vive interviennent à Madagascar pour aider les structures existantes ou pour en créer de nouvelles afin d’essayer de faciliter l’accès à l’instruction.

Ce fut un édifiant et beau voyage qui permet de remettre un peu les pendules à l’heure pour nous qui avons souvent tendance à nous plaindre de nos conditions de vie.